Cosmos, Ecocert, Nature & Progrès : ce que chaque label certifie
Il n’existe pas de label bio public en cosmétique. Les référentiels sont privés, leurs seuils diffèrent, et ils ne portent pas tous sur les mêmes choses. Comparer leurs cahiers des charges est le seul moyen de savoir ce que l’on achète.
En alimentaire, le logo bio européen repose sur un règlement public. En cosmétique, rien de tel : la certification est privée, et chaque organisme fixe ses propres seuils. D’où des logos qui semblent dire la même chose et ne la disent pas.
Pourquoi il n’y a pas de bio public en cosmétique
Le règlement européen sur la cosmétique encadre la sécurité, l’étiquetage et les allégations, mais pas le caractère biologique. Les référentiels privés se sont donc développés pour combler ce vide, à partir des années 2000, avec des philosophies distinctes.
Cosmos, le socle commun
Cosmos est né du rapprochement de plusieurs organismes européens, dont Ecocert et Cosmebio, pour harmoniser des règles qui divergeaient d’un pays à l’autre. Il se décline en deux niveaux : Cosmos Organic, qui exige une part minimale d’ingrédients issus de l’agriculture biologique, et Cosmos Natural, qui garantit le caractère naturel de la formule sans seuil bio.
Le point qui échappe souvent : dans le calcul, l’eau et les minéraux ne peuvent pas être biologiques, puisqu’ils ne sont pas cultivés. Un produit très aqueux affichera donc un pourcentage bio faible tout en respectant parfaitement le référentiel. Le pourcentage se lit toujours en regard du type de produit.
Nature & Progrès, la mention la plus exigeante
Nature & Progrès n’est pas un label commercial mais une mention délivrée par une fédération, dont le contrôle repose sur un système participatif de garantie : les adhérents se contrôlent mutuellement. Le cahier des charges va au-delà de la formule et engage l’ensemble de la démarche de l’entreprise, ce qui explique le petit nombre de produits concernés.
Les autres logos que l’on croise
Slow Cosmétique n’est pas une certification mais une distinction attribuée à des marques sur des critères de sobriété et de transparence. Le logo Leaping Bunny porte sur l’absence de tests sur animaux tout au long de la chaîne, sujet distinct du bio. Un logo purement graphique, une feuille verte dessinée par la marque elle-même, ne certifie rien du tout.
Comment lire un logo en pratique
Trois questions suffisent. Qui contrôle, et l’organisme est-il indépendant de la marque ? Que couvre le référentiel, la formule seule ou aussi la production ? Et quel pourcentage est annoncé, pour quel type de produit ? Un logo sans nom d’organisme ni référence de cahier des charges est un argument graphique, pas une garantie.
Questions fréquentes
Un produit sans label peut-il être bien formulé ?
Oui. La certification a un coût que les très petites structures ne peuvent pas toujours assumer. À l’inverse, l’absence de label prive le consommateur d’un contrôle externe, et la liste INCI devient alors le seul élément vérifiable.
Le logo bio européen peut-il figurer sur un cosmétique ?
Il ne certifie que les produits agricoles et alimentaires. On peut le voir sur un ingrédient donné, une huile végétale par exemple, mais pas sur le cosmétique fini.
Bio veut-il dire sans conservateur ?
Non, et c’est heureux. Tout produit contenant de l’eau doit être conservé. Les référentiels autorisent une liste restreinte de conservateurs, dont l’alcool benzylique et l’acide benzoïque.
Un pourcentage de 99 % naturel est-il significatif ?
Peu, car l’eau entre dans ce calcul. Un chiffre élevé est la norme et non l’exception. La part d’ingrédients biologiques et le nom du référentiel sont plus informatifs.