Maquillage bio : ce que font vraiment les pigments minéraux

Publié le 30 juillet 2026 · par Maëlle Fontaine

Maquillage bio : ce que font vraiment les pigments minéraux
En bref

Le maquillage certifié repose sur des oxydes métalliques, des micas et des cires végétales. Cela change la tenue, le fini et la palette disponible, et cela explique pourquoi certaines teintes vives restent difficiles à obtenir.

Le maquillage est le terrain où la cosmétique certifiée diffère le plus de la cosmétique conventionnelle, parce qu’une couleur, une tenue et un fini sont des performances techniques avant d’être des promesses.

D’où vient la couleur

Les colorants du maquillage certifié sont pour l’essentiel des pigments minéraux : oxydes de fer pour les bruns, rouges et jaunes, dioxyde de titane pour le blanc et l’opacité, oxyde de zinc, oxydes de chrome pour les verts, outremer pour les bleus. Ils portent en INCI des noms directs comme CI 77491 ou Iron Oxides.

Ces pigments sont stables, opaques et bien tolérés, mais leur gamme chromatique est limitée. Les roses fluo, les violets électriques et certains bleus francs relèvent de colorants organiques de synthèse que la plupart des référentiels excluent. Une palette certifiée aura donc naturellement des teintes plus terreuses.

Le mica, et la question qui va avec

Le mica est un minéral feuilleté qui donne les effets nacrés et satinés. Il est présent dans presque tous les fards. Sa filière d’extraction a fait l’objet de critiques documentées sur les conditions de travail dans certaines régions productrices, ce qui a conduit une partie des marques à s’approvisionner auprès de filières auditées ou à se tourner vers du mica de synthèse, qui apparaît en INCI sous le nom Synthetic Fluorphlogopite. La mention figure sur l’étiquette : elle se vérifie.

Ce qui remplace les silicones

En conventionnel, le fini lisse et le glissant d’un fond de teint viennent souvent des silicones, reconnaissables en INCI à leurs terminaisons en -cone ou -siloxane. Les référentiels bio les excluent. Ils sont remplacés par des huiles végétales, des esters, des cires et des amidons, notamment l’amidon de tapioca ou de riz.

La différence se sent à l’application : un fond de teint certifié s’étale moins vite, accroche davantage au premier passage et demande d’être travaillé par petites touches plutôt qu’étalé d’un geste. Ce n’est pas un défaut de formulation, c’est le comportement d’un corps gras végétal comparé à un polymère de silicone.

La tenue, honnêtement

À formule comparable, un maquillage sans silicones ni polymères filmogènes de synthèse tient moins longtemps sur peau grasse et par forte chaleur. La parade habituelle consiste à préparer la peau, à travailler en couches fines et à fixer avec une poudre. Une marque qui annonce une tenue de douze heures sans retouche sur un produit entièrement minéral et végétal promet quelque chose que la chimie de ses ingrédients rend difficile.

Questions fréquentes

Le maquillage minéral convient-il aux peaux sensibles ?

Les pigments minéraux sont peu réactifs et les formules certifiées contiennent en général moins de parfum, ce qui réduit les sources d’irritation courantes. Cela reste une tendance générale, et la tolérance individuelle se teste sur une petite zone avant usage complet.

Un rouge à lèvres bio peut-il être très pigmenté ?

Oui pour les rouges, bordeaux, bruns et corail, que les oxydes de fer et les laques minérales couvrent bien. Les fuchsias et les violets saturés restent plus rares, faute de pigments autorisés dans ces longueurs d’onde.

Pourquoi certains fards certifiés sont-ils plus poudreux ?

Parce que les liants gras qui compactent la poudre sont végétaux et souvent dosés plus bas. On peut compenser en pressant le pinceau plutôt qu’en le frottant, ce qui prélève moins de matière volante.

Le dioxyde de titane pose-t-il un problème ?

Son usage comme colorant alimentaire a été interdit dans l’Union européenne, ce qui a créé de la confusion. En cosmétique appliquée sur la peau, il reste autorisé et encadré, la question portant sur l’inhalation des formes pulvérulentes, donc surtout sur les produits en spray et en poudre libre.

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L’auteur

Maëlle Fontaine

Elle a passé six ans en laboratoire de formulation avant de tenir une chronique sur les ingrédients cosmétiques. Elle lit les listes INCI comme on lit une recette, compare les cahiers des charges des labels ligne à ligne, et se méfie autant du marketing conventionnel que du marketing naturel. Elle écrit tous les décryptages de Princesse Camcam et ne travaille pour aucune marque.

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